Corse

Cérémonie des Vœux 2026 & Signature du « Manifeste pour la Réhabilitation »

Que retenir de 2025 ? Qu’attendre de 2026 ? Ce moment a été l’occasion de revenir sur l’année écoulée et de présenter nos actions à venir. Il a été aussi celui de la première séquence de signatures du « Manifeste pour la Réhabilitation » avec nos partenaires institutionnels et professionnels.

Publié le
, mis à jour le
19 janvier 2026
Cérémonie des voeux 2026

Discours de Sylvia Ghipponi, présidente du Conseil de l'Ordre des architectes de Corse, lors de la Cérémonie des voeux 2026 et de la signature du "Manifeste pour la Réhabilitation"

CROA Corse

Discours de Sylvia Ghipponi, présidente du Conseil de l'Ordre des architectes de Corse 

Bonsoir, et merci à tous d’être présents.

Au nom du Conseil de l’Ordre des Architectes de Corse, des 11 élus et des 2 collaboratrices, nous vous souhaitons une très bonne année 2026, personnelle et professionnelle.

Pour la majorité d’entre nous au conseil, c’est la dernière année pleine. Puisqu’en 2027, il y aura des élections de renouvellement de la majorité du conseil. Donc une année importante pour nous.

Ce moment est l’occasion de revenir sur l’année écoulée et d’échanger sur nos actions à venir.

Cette année, ce sera aussi celui de la première séquence de signatures du « Manifeste pour la réhabilitation » avec nos partenaires institutionnels et professionnels, que je remercie de leur présence :

  • la Collectivité de Corse, pour laquelle le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, est représenté par Julien Paolini, conseiller exécutif en charge de l’aménagement et du territoire
  • Julien Paolini signera également en tant que président de l’AUE, Agence d’Aménagement Durable, d’Urbanisme et d’Energie de la Corse
  • le CAUE de Corse, présidé par Jean-Charles Giabiconi, représenté par Marina Giacalone, architecte conseil au CAUE
  • la Maison de l’Architecture de Corse, présidée par Michèle Barbé, représentée par le vice-président Mathieu Biscaldi, architecte
  • le syndicat Union des Architectes de Corse, représenté par son président Jean-Stéphane Silvy, architecte
  • l’Union Nationale des Géomètres-Experts, présidée par Mathieu Simonetti-Malaspina, représentée par le vice-président Nicolas Poggi
  • la Chambre Régionale des Notaires de Corse, présidée par Paul Cuttoli, représentée par Charles Santucci
  • la CAPEB 2A, Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment de Corse-du-Sud, présidée par Jean-Baptiste Michon
  • la CAPEB de Haute-Corse, présidée par Vincent Baldo, représentée par Jean-Baptiste Michon

Mais avant d’ouvrir cette séquence de signature, revenons sur cette année écoulée.

Que retenir de 2025 ? Et qu’attendre de 2026 ?

Représentation

Au-delà de nos missions régaliennes, qui consistent à veiller à l’organisation de notre profession et à promouvoir la qualité architecturale auprès des décideurs publics, au bénéfice de nos concitoyens, l’Ordre a joué pleinement son rôle de représentation, tout au long de l’année, auprès des diverses instances locales et partenaires : la Collectivité de Corse et les Services de l’état lors des COP régionales pour la territorialisation de la planification écologique, l’Office Foncier, l’AUE, l’ODARC, le CAUE, la DRAC, la DREAL, l’ANAH, l’ADIL, le Conseil Régional de l’Habitat et de l’Hébergement, les Associations de Maires, l’Université de Corse, etc.

En 2026, nous continuerons à assurer ce rôle et à le renforcer, notamment au sein du Conseil d’Aménagement et d’Urbanisme de la Collectivité de Corse pour la révision du PADDUC, ou auprès des communes qui nous ont sollicités pour l’élaboration ou la révision de leur règlement de SPR, Plan Local d’Habitat, etc.

Présence ô combien importante dans une période où les enjeux sont grands. Nous avons un rôle de conseil à jouer, et nos interlocuteurs savent qu’ils peuvent compter sur notre pleine implication, « en défense de l’intérêt général », et guidée par « l’intérêt public de l’architecture ».

Nous serons également présents cette année dans le débat pré et post-élections municipales. Par de la communication ou des questionnements à l’attention des candidats, puis conseil et de sensibilisation des nouveaux élus.

Enseignement & Formation

Cette sensibilisation continuera à se faire aussi auprès des plus jeunes, aussi bien dans les actions pédagogiques que dans les événements liés à l’orientation.

Concernant l’enseignement de l’architecture en Corse, une 2ème session de formation à l’Habilitation à la Maitrise d’Œuvre en Nom Propre (HMONP) a délivré le titre cette année à 7 architectes sur 10 inscrits. Une 3ème session a ouvert en septembre avec 11 nouveaux inscrits.

Je rappelle que cette formation HMONP, qui correspond à la 6ème année des études d’architecture, est la première délocalisée en France. Fruit d’une collaboration entre l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles et l’Université de Corse, à l’initiative du Conseil de l’Ordre des Architectes de Corse, c’est l’aboutissement de plusieurs années de travail et une grande fierté pour notre conseil.

Nous poursuivrons en 2026 notre travail sur l’enseignement et la formation en architecture en Corse, notamment pour la mise en place d’un doctorat, d’un DSA « Diplôme de Spécialisation en Architecture », ou d’un master délocalisé en Corse. Un travail au long cours…

Evénements & Rencontres

2025 a aussi été marquée par l’organisation d’événements importants.

En janvier, notre 10ème « appuntamentu d’architettura » a eu lieu sur le thème de l’architecture en terre, avec la projection du film « De Terre et d’Eau » des architectes de l’atelier Géminé, Antoine Basile et Ulysse Rousselet.

Ils sont revenus en septembre, à l’occasion d’un autre événement que nous avons organisé autour de la filière pierre, pour la projection de leur film « Au pays des Pierres ». Ils sont depuis décembre lauréats des AJAP « Albums des Jeunes Architectes et Paysagistes » 2025 dans la catégorie « Autres voies de l’architecture », et nous les félicitons.

Cet événement a réuni également Claire Cornu, experte de la pierre sèche, Jean-Manuel Perraudin, lauréat du Grand Prix National d’Architecture 2024, qui a tenu une conférence sur la construction en pierre massive, suivie d’une table-ronde avec des acteurs institutionnels et économiques insulaires, pour des échanges instructifs sur la filière pierre en Corse.

En juin, à Pigna, à l’occasion de notre journée annuelle, nous avons également accueilli l’architecte Alia Bengana, marraine de la promotion 2025 des nouveaux architectes inscrits en Corse, qui a tenu une conférence mémorable, en écho à son ouvrage « Enquête en sables mouvants », une enquête sur l’usage disproportionné du béton et ses conséquences, véritable plaidoyer pour l’utilisation de matériaux biosourcés, géosourcés, ou réemployés.

Des événements et des rencontres autour de thématiques qui nous sont chères : développement des circuits courts, filières locales de matériaux, filières durables… dans lesquelles nous continuerons à nous impliquer en 2026, pour soutenir une création architecturale « localisée » et « adaptée ».

2025 a aussi eu l’ambition de renforcer les échanges intra-professionnels et la solidarité, avec notamment 2 nouveaux « Caffè Archi », en janvier sur le thème de l’accompagnement ordinal dans l’exercice du métier, et en mai sur l’usurpation du titre d’architecte.

L’organisation de ces moments d’échanges conviviaux sur les thématiques métiers, tout comme celle de nos événements ouverts à tous, a vocation à se prolonger en 2026.

Récompenses & Reconnaissances

Enfin, 2025 a été l’année où pour la première fois, en novembre, une agence corse a été nommée au prestigieux prix de l’Equerre d’argent. Il s’agit du Studio Pia, la jeune agence de Céline et Pierre-Louis Filippi, installée à Bastia, nommée avec le Centre de Secours et d’Incendie de Galeria, dans la catégorie de la Première Œuvre. Ils n’ont pas été lauréats.

Mais un mois plus tard, en décembre, cette même agence a été lauréate des AJAP 2025, les « Albums des Jeunes Architectes et Paysagistes » parmi 15 lauréats en architecture. Une belle consécration, du Ministère de la Culture, rare. En effet, c’est la 3èmeagence corse lauréate des AJAP après les agences Buzzo Spinelli Architecture en 2016, et Orma Architettura en 2018.

Cette dernière agence, Orma Architettura, qui a aussi été invitée en janvier 2025 par la Cité de l’Architecture et du Patrimoine de Paris, à présenter son travail dans le cadre des très renommés « Entretiens de Chaillot », avec une conférence intitulée « Pensée vernaculaire ».

Pour finir 2025, notre consœur Laetitia Antonini, inscrite également chez nous en Corse, même si son agence est à Paris, et son activité rayonnante sur l’ensemble du continent, a été lauréate du Prix Femme Architecte 2025 de l’ARVHA, l’Association pour la Recherche sur la Ville et l’Habitat.

Une année de récompenses et de reconnaissances nationales pour ces agences, au point que certains commencent à parler d’une « école corse ». En effet, ces prix sont comme l’arbre qui cache la forêt d’autres très beaux projets et travaux d’agences et architectes insulaires.

Qualité architecturale & Architectes

Une qualité architecturale qui montre, comme l’a souligné le président du jury de l’Equerre d’argent, l’architecte Philippe Prost, que « l’architecture se porte bien et qu’il faut continuer à faire confiance aux architectes ».

« L’architecture se porte bien », oui. Mais paradoxalement, les architectes ne se portent pas très bien. Car cette année est aussi celle des difficultés économiques grandissantes pour nos agences. Les causes sont multiples : des allongements des durées d’études, de consultation, de travaux, conjugués à la complexité réglementaire et normative, à l’absence de documents d’urbanisme… Globalement, on pourrait résumer par cette formule : « les architectes travaillent plus pour moins », dans une démarche qui ressemble plus souvent à du militantisme qu’à une recherche de rentabilité ou même d’équilibre économique, pour ne pas renier ses idéaux, ses principes, son sens de l’intérêt public. L’intérêt du projet, avant l’intérêt de l’agence. C’est bien cela qui caractérise le plus souvent notre métier.

Mais il faut agir et trouver une autre voie pour ne pas disparaître définitivement…

On simplifie souvent, à raison, en disant que l’Ordre des Architectes défend l’architecture et la qualité architecturale, et que les syndicats d’architectes défendent les architectes et leur activité. Mais pour qu’il y ait qualité architecturale, il faut bien que les architectes soient en bonne santé ! Les deux liés.

Et peut-être que mon confrère Jean-Stéphane Silvy, président du syndicat « Union des architectes de Corse » voudra ensuite compléter ces propos.

Quelles solutions ? Simplifier le concours d’architecture, limiter les avis des Architectes des Bâtiments de France, assouplir la réglementation environnementale, ou la loi littorale, ouvrir davantage de foncier à l’urbanisation… ? Non, ce ne sont pas ces solutions que nous préconisons avec le Conseil de l’Ordre des Architectes, car elles ne vont pas dans le sens de l’intérêt général et de la qualité architecturale !

Quelles autres solutions alors ? L’élaboration des documents d’urbanisme manquants, la résorption du désordre foncier, la lutte contre la spéculation foncière et immobilière, la rationalisation des autorisations d’urbanisme, le renforcement des effectifs dans les services instructeurs pour accélérer les instructions… sont autant de solutions que nous privilégions.

Mais une des solutions que nous portons, depuis longtemps, au point qu’on nous reproche parfois de la rabâcher… c’est la réhabilitation.

Le « Manifeste pour la Réhabilitation »

Alors cette année 2025 a aussi été l’année où les 17 conseils de l’ordre des architectes se sont accordés à signer collectivement un « Manifeste pour la Réhabilitation », dont le but est de « définir un cadre commun pour faire évoluer le cadre législatif et défendre la qualité architecturale des réhabilitations », document autour duquel nous sommes réunis aujourd’hui.

Comme nous pouvons le lire dans notre manifeste, « face aux urgences écologiques, sociales et sociétales, la réhabilitation du patrimoine bâti et urbain ne peut plus être une option : c’est une nécessité impérieuse ».

Qu’est-ce que la réhabilitation ?

« La réhabilitation est une intervention sur l’existant qui englobe plusieurs pratiques complémentaires à différentes échelles : rénovation, restauration, réutilisation, transformation, adaptation des bâtiments, extension, surélévation, … Cette liste ne saurait être exhaustive. Réhabiliter, c’est faire avec le « déjà là » et répondre à des enjeux multiples ».

Des enjeux patrimoniaux. Pour « préserver l’identité historique et culturelle des villes, des savoir-faire et des constructions tout en leur donnant une nouvelle vie, que cela soit du patrimoine remarquable ou du quotidien »

Des enjeux paysagers. Pour préserver la nature, la végétation en place. Pour « préserver la pleine terre, la perméabilité des sols et la biodiversité ». Ainsi que l’agriculture.

Des enjeux environnementaux. Pour « réduire la consommation et destruction de ressources, diminuer l’empreinte carbone tout en limitant au maximum de nouvelles artificialisations ».

Des enjeux fonctionnels. Pour « adapter la ville et les bâtiments aux nouveaux usages, aux évolutions réglementaires et aux besoins contemporains en matière de confort et d’accessibilité »

Des enjeux spatiaux. Pour « offrir des espaces généreux avec des matériaux qualitatifs et sains, fabriquer du foncier avec sobriété »

Des enjeux sociétaux. Pour « favoriser les principes actuels de mixité, cohérence urbaine et sobriété foncière avec une nouvelle strate dans l’histoire du bâtiment, du quartier, de la ville ».

Avant de laisser la parole aux cosignataires de ce manifeste, je me permets de vous en lire encore quelques extraits pour que tout le monde ait bien connaissance du document qui va être l’objet de notre cosignature.

« Trop souvent cantonnée à un défi technique, la réhabilitation est avant tout une question de qualité architecturale et urbaine. Si la performance énergétique, la mise aux normes et la solidité structurelle sont essentielles, elles ne suffisent pas à garantir une réhabilitation réussie. Une approche globale doit prévaloir, intégrant la dimension d’usages, historique, culturelle, environnementale et sociale des bâtiments. Réhabiliter, c’est préserver l’identité des lieux tout en les adaptant aux usages contemporains. »

« Pour garantir la qualité des projets de réhabilitation, les architectes doivent être impliqués dès les premières étapes. Ils sont les garants d’une approche globale Les architectes assurent la cohérence entre savoirs techniques, réglementations et enjeux architecturaux. Ils fédèrent porteurs de projet, experts et acteurs opérationnels pour favoriser des choix durables et innovants et garantissent une approche qualitative et adaptée aux spécificités du bâti. Ils contribuent de ce fait à l’évolution des pratiques et à la structuration d’un écosystème performant ».

« La réhabilitation ne peut être réduite à un simple enjeu technique ; elle doit être envisagée comme un projet de transformation urbaine et sociale ».

« Dans un contexte où la mutation des villes et des territoires représente un enjeu majeur tant sur le plan social, écologique qu’économique, il devient essentiel d’intégrer toutes les compétences dans les processus de réhabilitation. Impliquer dès le départ tous les acteurs du cadre de vie permet de garantir une approche fluide et cohérente à chaque étape des projets ».

C’est la raison pour laquelle nous avons invité tous les acteurs du cadre de vie et du cadre bâti.

« Faire des architectes, des paysagistes, des urbanistes, des géomètres-experts, de l’ensemble des compétences mobilisées dans l’acte de bâtir, des partenaires clés dans la réhabilitation urbaine, c’est garantir des transformations profondes et durables pour nos territoires ».

« L’implication des CAUE, des Architectes des Bâtiments de France et des Maisons de l’Architecture sur la question du « déjà là » est un gage de qualité et de pertinence. Ces acteurs sont catalyseurs de projets ambitieux et respectueux de l’environnement, et doivent être placés au cœur des démarches collaboratives pour concevoir des territoires résilients, équilibrés, durables et à la hauteur des attentes des citoyens ».

Ce manifeste s’adresse aussi à l’Etat, qui « doit se donner les moyens de favoriser la réhabilitation en adaptant son cadre normatif. Le cadre actuel est historiquement orienté vers la construction neuve : nous devons l’équilibrer et favoriser davantage l’intervention sur le « déjà là » ».

« Nous appelons les pouvoirs publics à faire de la réhabilitation une priorité », « avec des mesures concrètes et ambitieuses ».

« Nous demandons au législateur de revoir les outils normatifs afin d’inscrire la réhabilitation au cœur des politiques urbaines et à les favoriser au sein de l’arsenal règlementaire en place et à venir ».

Car nous sommes convaincus que la réhabilitation « doit être reconnue comme acte architectural d’intérêt public », « comme levier pour la résilience de nos territoires et comme solution à la production de logements ».

Merci encore aux premiers cosignataires présents.

D’autres séquences suivront avec le GIRTEC, indispensable en Corse pour la résorption du désordre foncier, ou encore des collectivités locales…

Je vous remercie pour votre attention.

Discours de la présidente Sylvia Ghipponi

 

Discours de Julien Paolini, conseiller exécutif de Corse et président de l'AUE 

Discours de Julien Paolini, président de l'Agence d'Urbanisme et d'Energie de la Corse et Conseiller exécutif à la Collectivité de Corse

 

Signature du "Manifeste pour la Réhabilitation" avec nos partenaires

Signataires du Manifeste pour la réhabilitation
(de haut en bas et de gauche à droite) Sylvia Ghipponi, présidente du Conseil de l'Ordre des architectes de Corse, Julien Paolini, président de l'Agence d'Urbanisme et d'Energie de la Corse et conseiller exécutif à la Collectivité de Corse, Mathieu Biscaldi, vice-président de la Maison de l'Architecture de Corse, et Jean-Stéphane Silvy, président de l'Union de Architectes de Corse.
Signataires du Manifeste pour la réhabilitation
(de haut en bas et de gauche à droite) Nicolas Poggi, vice-président de l'Union Nationale des Géomètres-Experts de Corse, Marina Giacalone, architecte conseil au Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement de Corse, Charles Santucci, membre de la Chambre Régionale des Notaires de Corse, et Jean-Baptiste Michon, président de la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment de Corse-du-Sud
Signataires du Manifeste pour la réhabilitation et élus du CROA Corse
Signataires du "Manifeste pour la Réhabilitation" avec les élus du Conseil de l'Ordre des architectes de Corse
"Manifeste pour la Réhabilitation"

Signatures du "Manifeste pour la Réhabilitation"

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