
Table ronde consacrée aux liens entre architecture passive et architecture frugale.
Augustin Faucheur, conseiller national de l’Ordre des architectes, était présent le 17 juin au festival Passibat, organisé à la Cité Fertile, à Pantin. Après avoir remis le Grand prix du jury des Trophées du Bâtiment Passif 2026, il a participé à une table ronde consacrée aux liens entre architecture passive et architecture frugale.

Table ronde consacrée aux liens entre architecture passive et architecture frugale.
Placée sous le thème « Le passif au service des territoires », cette édition a réuni professionnels, collectivités et acteurs engagés autour d’un même enjeu : construire des bâtiments plus performants, plus confortables et mieux adaptés aux transformations sociales et climatiques.
À cette occasion, Augustin Faucheur, conseiller national de l’Ordre des architectes, a remis le Grand prix du jury des Trophées du Bâtiment Passif 2026 à l’équipe de maîtrise d’œuvre du projet d’équipement sportif polyvalent de Val-de-Vesle, porté par Haïku Architecture avec le Bureau d’Études Thermiques Sparnacien Épernay.
Il a ensuite participé à une table ronde intitulée « Architecture passive / architecture frugale : concurrentes ou complémentaires ? », animée par Sébastien Maire, délégué général de France Villes et territoires durables, aux côtés de Milena Karanesheva, associée de l’agence Karawitz, et d’Alain Bornarel, ingénieur et cofondateur du mouvement pour la frugalité heureuse et créative.
Loin d’opposer ces deux approches, les échanges ont permis de montrer ce qu’elles apportent à la pratique architecturale. Le passif propose un cadre technique robuste, fondé sur des objectifs mesurables et vérifiables. Il permet de sécuriser les performances énergétiques, de réduire les besoins des bâtiments et de rassurer les maîtres d’ouvrage. La frugalité invite, elle, à élargir le regard : ressources mobilisées, matériaux, adaptation au territoire, usages, savoir-faire locaux, économie de moyens et qualité d’habiter.
Pour les architectes, l’enjeu n’est donc pas de choisir entre performance et frugalité, mais de composer avec ces deux dimensions. La performance énergétique reste indispensable, mais elle ne suffit plus à définir seule la qualité environnementale d’un projet. À l’inverse, une approche globale de la sobriété doit pouvoir s’appuyer sur des objectifs concrets, lisibles et partageables.
La table ronde a également permis d’interroger la place de la technique dans la conception. Plutôt que d’opposer une architecture passive supposée “high-tech” à une architecture frugale présentée comme “low-tech”, les intervenants ont rappelé que la question centrale reste celle des usages, notamment dans les réhabilitations qui représenteront demain la majorité des projets de construction : quelle technique mobiliser, pour quel besoin, avec quelles conséquences en matière de maintenance, de résilience et d’appropriation par les usagers ?
Dans cette perspective, la meilleure technologie n’est pas nécessairement la plus sophistiquée. C’est celle qui répond au besoin réel du projet, avec le minimum de ressources, le maximum de pérennité et une capacité à être utilisée par celles et ceux qui habitent ou fréquentent le bâtiment.
Passif et frugalité se rejoignent ainsi autour d’une ambition commune : faire mieux avec moins. Concevoir des bâtiments moins énergivores, moins consommateurs de ressources, plus confortables, plus favorables à la santé et inscrits dans leur contexte constitue aujourd’hui un enjeu central pour l’architecture.
Pour Augustin Faucheur, c’est aussi l’un des rôles essentiels des architectes : faire dialoguer les ambitions environnementales, les contraintes techniques, les ressources disponibles et les attentes des usagers. Entre preuve par les résultats et adhésion par le récit, le dialogue entre passif et frugalité peut ouvrir des pistes concrètes pour construire des territoires plus résilients.
ARCHITECTE ou société d’architecture
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